En 2026, le Service central de traduction allemande, situé à Malmedy et relevant du Service public fédéral Intérieur, fête son 50e anniversaire. Les jalons de sa création sont posés dans un arrêté royal du 7 octobre 1971, par lequel le commissaire d'arrondissement de Verviers de l'époque, Henri Hoen, est notamment chargé de mettre en place un service de traduction afin d'assurer l'exécution des dispositions légales et réglementaires relatives à l'emploi des langues en matière administrative dans la région de langue allemande. Ce service de traduction commence à fonctionner en 1976 avec le recrutement des premiers membres du personnel. À partir de 1977, la direction est assurée par le commissaire d'arrondissement Johann Weynand, qui fut auparavant le premier président du Conseil de la Communauté culturelle allemande, ancêtre du Parlement de la Communauté germanophone.
La loi du 18 juillet 1990 modifiant la loi du 31 décembre 1983 de réformes institutionnelles pour la Communauté germanophone charge le Service central de traduction allemande, par l'intermédiaire du commissaire d'arrondissement compétent pour la région de langue allemande, en la personne du chef de service de l'époque, Marcel Lejoly, de la traduction allemande officielle des lois et arrêtés. Cette traduction allemande officielle est prescrite par la même loi, mais seulement dans la mesure des moyens disponibles.
1995 est une année importante pour le Service central de traduction allemande. Suite à un arrêt de la Cour d'arbitrage – l'actuelle Cour constitutionnelle – du 14 juillet 1994, exigeant la traduction systématique en allemand des lois et arrêtés au niveau fédéral, les effectifs sont augmentés et le travail réorganisé. Jusqu'en 2010, le nombre de traducteurs ne cesse d'augmenter. Pendant les années suivantes, le service compte jusqu'à 40 personnes.
La « loi Collas » du 21 avril 2007 (du nom du sénateur Berni Collas qui a présenté le projet de loi) modifie les lois linguistiques de 1961 (emploi des langues en matière législative) et de 1966 (emploi des langues en matière administrative) en ce qui concerne la langue allemande. Le travail du service de traduction de Malmedy ne dépend dès lors plus du commissaire d'arrondissement. Depuis 2008, le service de traduction est désormais placé sous la responsabilité d'un chef de service désigné par le Service public fédéral Intérieur. Le service reçoit la mission légale de traduire les codes et lois fédéraux et de les publier au Moniteur belge. Il en va de même pour les arrêtés royaux et ministériels du Service public fédéral Intérieur. De nombreuses autres instances fédérales font également traduire de tels arrêtés à Malmedy, dans le cadre de conventions et contre paiement.
Le site web du Service central de traduction allemande www.scta.be permet aujourd'hui de consulter immédiatement plus de 6.500 codes, lois et arrêtés fédéraux sous forme coordonnée, soit plus de 90.000 pages A4 de texte.
La loi Collas stipule que les dispositions légales et réglementaires fédérales sont systématiquement traduites en allemand en fonction de leur importance pour les habitants germanophones de la région de langue allemande. À cet effet, des listes des textes à traduire en priorité sont établies chaque année par le ministre de la Justice pour les lois et par le ministre compétent respectif pour les arrêtés royaux et ministériels. Ces listes sont préparées par le Service central de traduction allemande et soumises pour avis au gouvernement de la Communauté germanophone. C'est sur la base de ces listes de priorités que les travaux de traduction sont organisés au sein du service de Malmedy.
À l'heure actuelle, la plupart des textes législatifs fédéraux importants existent en allemand. Par exemple, le Code civil, le Code pénal, les codes fiscaux, le Code de droit économique, le Code des sociétés et des associations et même déjà le nouveau Code de la voie publique sont disponibles dans leur version actualisée en allemand, pour ne citer que quelques-uns des textes les plus significatifs. On peut donc dire que beaucoup de chemin a été parcouru dans ce domaine au cours de ces cinquante dernières années, même si certaines lacunes subsistent.
Outre les codes et les textes légaux et réglementaires immédiatement accessibles, le site web du Service central de traduction allemande propose également une base de données terminologique trilingue spécifiquement axée sur la Belgique, « SEMAMDY », qui compte plus de 74.000 entrées terminologiques et que les autorités, les juristes et les traducteurs de toute la Belgique consultent volontiers. Cette base de données terminologique s'appuie également, dans le cadre d'une collaboration active, sur le précieux travail de la Commission de la Communauté germanophone pour la terminologie juridique allemande et sur sa base de données terminologique « DEBETERM ».
Par ailleurs, le Service central de traduction allemande fait également office de service de traduction pour l'allemand au sein du Service public fédéral Intérieur. À ce titre, il intervient souvent pour le Centre de crise, comme ce fut le cas pendant la crise du Covid, mais aussi en matière de population, d'élections, etc. De plus en plus, d'autres services s'adressent aussi au service de Malmedy pour des questions de terminologie ou de traduction ou pour obtenir des informations sur la disponibilité de textes en allemand.
Actuellement, l'effectif est descendu à 28 personnes, soit l'équivalent d'environ 21 postes à temps plein, une tendance qui devrait se poursuivre à la baisse. Des méthodes de travail ultramodernes, associées à des programmes de reconnaissance de texte, à la traduction automatique neuronale et à des rationalisations au niveau organisationnel, permettent toutefois au service de traduction d'augmenter considérablement sa productivité tout en maintenant la même qualité et de remplir ainsi au mieux sa mission légale.
Les métiers de la traduction et les tâches du traducteur font l'objet d'une transformation profonde. Les progrès réalisés dans le domaine de l'intelligence artificielle au cours des dix dernières années sont immenses. Alors qu'il y a 50 ans, on travaillait encore avec un crayon et une gomme et que les recherches de termes, de formulations et de significations étaient très fastidieuses, les textes à traduire sont aujourd'hui introduits dans des programmes de reconnaissance de texte et de traduction. Ces programmes fournissent une traduction brute qui est ensuite retravaillée en détail par le traducteur, devenu plutôt réviseur et linguiste. La vérification porte notamment sur l'exhaustivité, le sens, la syntaxe et la terminologie. L'IA ne reconnaît pas encore comme telles les versions existantes de passages de texte (provenant par exemple de directives européennes) et ne les prend donc pas en compte. Tout cela requiert une attention méticuleuse de la part du traducteur.
De plus, les textes à traiter doivent être sélectionnés avec soin, puis mis à la disposition des utilisateurs de manière simple, claire et rapidement accessible. Le site web du Service central de traduction allemande revêt à cet égard une importance particulière, car il s'agit d'un outil souvent utilisé et très apprécié dans les milieux administratifs et juridiques.
La mise à disposition via le site web se fait sous forme consolidée, c'est-à-dire en tenant compte de toutes les modifications, de manière à ce que les utilisateurs puissent directement se référer à cette législation. Le législateur n'adopte en effet que rarement des textes entièrement nouveaux. En règle générale, il apporte des modifications aux textes existants : Parfois, seul un mot ou une phrase est modifié ou inséré, parfois il s'agit de paragraphes ou d'articles entiers, voire de remaniements en profondeur. Le remplacement ou l'insertion de tels passages ne s'effectue pas automatiquement et doit donc être réalisé par les collaborateurs du service de traduction.
Au fil du temps, le Service central de traduction allemande est donc en quelque sorte devenu un service linguistique fédéral pour la langue allemande, qui continue d'assumer des tâches importantes en matière linguistique au service de la population et des institutions de la région de langue allemande et au-delà. On peut également imaginer qu'à moyen terme, la collaboration interministérielle s'intensifie à cet égard et que certaines synergies déjà mises en place avec d'autres services fédéraux de traduction ou linguistiques soient davantage renforcées sous une forme ou une autre. Mais une chose est sûre : Nous ne savons pas de quoi sera fait l'avenir dans 50 ans, mais le travail sur papier au crayon, dont les générations de traducteurs de plus de 50 ans se souviennent encore vivement aujourd'hui, appartiendra alors définitivement au passé.
Le Service central de traduction allemande en bref : |
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